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Les Andes




Connaissances indigènes

Les anciens habitants des Andes ont développé un corpus de connaissances qui leur ont permis de vivre en harmonie avec leur environnement. Au cours des siècles qui ont suivi la conquête espagnole en 1532, ces connaissances se sont considérablement effritées avec la privatisation des propriétés communes et l’imposition de nouvelles cultures, de nouveaux animaux et systèmes de production largement inadaptés – au détriment de l’environnement. Ce qui reste des connaissances indigènes dans les Andes suscite désormais un vif intérêt pour la promotion d’un développement rural et agricole durable.

En quoi consistent les connaissances indigènes des Andes?

Les connaissances indigènes des Andes représentent l’accumulation de siècles de science appliquée et se fondent sur de profondes croyances et valeurs culturelles, comme le respect de la nature et les concepts d’égalité et de bien commun. Également appelées connaissances “locales” ou “traditionnelles”, elles permettent aux communautés autochtones de veiller à ce que leurs activités productives et sociales préservent le bien-être communautaire et l’équilibre avec l’environnement.

Les connaissances indigènes ont de multiples applications. Avant la conquête espagnole, les gens s’en servaient pour domestiquer un vaste assortiment de plantes et d’animaux et élaborer des systèmes sophistiqués pour conjurer les pénuries alimentaires. Ils savaient aussi maîtriser l’érosion et conserver l’eau en irriguant leurs champs et en aménageant des terrasses. Ils savaient pratiquer une culture productive même à plus de 4 000 m d’altitude. Aujourd’hui, certains de leurs descendants conservent ces savoirs et sont capables d’identifier un grand nombre de plantes médicinales traditionnelles. Ils savent aussi prévoir le temps et classer les terres arables avec une précision digne des scientifiques modernes.

Trouver l’avenir dans le passé

Des efforts sont en cours pour documenter, utiliser, partager les connaissances indigènes des Andes et en tirer des enseignements avant qu’elles ne disparaissent. Tous s’accordent de plus en plus à reconnaître leur importance pour le développement rural qui a gagné en productivité et en durabilité non seulement dans les Andes mais dans d’autres régions montagneuses. Les populations indigènes elles-mêmes– confrontées aux défauts de la “modernisation” – sont elles-mêmes de plus en plus intéressées à récupérer ce patrimoine. Un mouvement général a pris pied invoquant l’orgueil des traditions. Ceci s’est soldé par la revitalisation de méthodes durables pour une meilleure sécurité alimentaire et l’utilisation de plantes indigènes. A un niveau plus profond, on assiste à un nouveau respect de la nature, des sols et de la vie elle-même comme fondement pour la culture et pour la société.

Les membres du Partenariat de la montagne exploitent les connaissances indigènes

Le Consortium pour le développement durable de l’écorégion andine (CONDESAN) conserve les ressources génétiques de nombreuses plantes utilisées traditionnellement dans les Andes, y compris de nombreuses cultures moins connues de racines, tubercules, céréales et légumineuses qui ont servi d’aliments de base à des générations.

Le Centre international de la pomme de terre (CIP) archive les connaissances indigènes en déclin pour les transmettre aux générations futures. Il a également conduit des recherches sur la classification des sols et les prévisions météorologiques dans les Andes.

Le “Mountain Institute” s’occupe de la préservation et de la promotion du patrimoine culturel des Andes pour en tirer des leçons, notamment par le biais de son École andine pour les études sur la montagne. L’Institut intègre aussi certains savoirs traditionnels dans ses programmes de développement durable.