Les montagnes regorgent de diversité biologique — cultures vivrières, plantes médicinales et espèces animales — que l'on ne trouve nulle part ailleurs. Pourtant, en dépit de cette profusion de ressources, les habitants de la montagne sont parmi les populations les plus pauvres et les plus affamées de la planète. Transformer ces ressources exceptionnelles en produits de qualité peut faire une énorme différence pour le bien-être, les conditions de vie et les moyens d'existence des montagnards.
Les montagnes regorgent de diversité biologique — cultures vivrières, plantes médicinales et espèces animales — que l'on ne trouve nulle part ailleurs. Pourtant, en dépit de cette profusion de ressources, les habitants de la montagne sont parmi les populations les plus pauvres et les plus affamées de la planète. Pourquoi?
Qu'est-ce qui empêche les montagnards de tirer des avantages des produits de la montagne?
Les montagnards sont confrontés à toute une série de problèmes qui les empêchent d'améliorer les produits de la montagne, de les vendre à un prix équitable, et de rendre leur production plus efficace et plus durable. Les produits de la montagne ne sont guère estimés à leur juste valeur et ce sont souvent les étrangers aux régions de montagne qui savent comment en tirer des bénéfices.
Les communautés montagnardes n'ont guère la possibilité de valoriser les produits de la montagne et ce pour plusieurs raisons, allant d'un manque d'accès aux nouvelles technologies agricoles au manque d'infrastructures et de communications, aux coûts de transport élevés, à la faible protection des produits locaux et aux techniques de commercialisation insuffisantes. En outre, les petits producteurs de montagne ont généralement un accès limité ou très onéreux aux plus grands marchés. Pourtant, dans le contexte de la libéralisation de ces derniers, les montagnards se trouvent forcés de rivaliser – comme d'ailleurs sur le marché intérieur – avec de grands agriculteurs qui bénéficient de subventions à la production.
La faible représentation des communautés de montagne au niveau politique et au sein des gouvernements nationaux donne à réfléchir. Il n'est pas facile pour les montagnards, qui n'ont guère d'influence sur les décisions affectant leurs revenus, leurs environnements et leurs vies, d'intervenir en faveur de changements. Donner voix à ces populations isolées tant entre elles que des centres de pouvoir serait une réussite formidable. De fait, de nombreux habitants de la montagne sont dans une position économiquement faible et sont souvent totalement dépourvus d'autorité pour améliorer leurs entreprises de produits de la montagne ou leurs conditions de vie.
Les montagnes renferment un large éventail de services et de produits – aliments, boissons, médicaments, cosmétiques, textiles, artisanat.
C'est en puisant dans ce réservoir de connaissances, de savoir-faire et d'expertise que nous pouvons transformer les produits de la montagne en produits de qualité pouvant améliorer incontestablement le bien-être, les conditions de vie et les moyens d'existence des montagnards.
Pour atteindre ce but, la commercialisation est fondamentale. Les entreprises peuvent invoquer un avantage sur le marché en soulignant la qualité ou l'unicité des produits de la montagne qu'elles vendent. Par exemple, les producteurs de café peuvent étiqueter leurs grains comme provenant de cultures d'altitude ou d'une coopérative particulière. Il existe aussi toute une série de certifications qui garantissent aux produits de la montagne des prix de vente supérieurs et un avantage comparatif sur le marché. Citons ici la certification de l'Union européenne et l'appellation d'origine contrôlée (AOC) qui identifie un produit provenant d'une zone géographique spécifique et utilisant des méthodes traditionnelles de production reconnues. La certification biologique apporte également de grands bienfaits. Les consommateurs sont prêts à payer davantage pour des produits issus de l'agriculture biologique qui sont meilleurs pour la santé et pour l'environnement. En outre, la certification biologique encourage la viabilité écologique à long terme.
Une autre opportunité pour la valorisation des produits de la montagne est le commerce équitable. Ce commerce peut faire de la libéralisation du marché un atout pour les producteurs de montagne, en leur permettant un meilleur accès aux millions de consommateurs dans le monde. Lorsque les produits sont issus du commerce équitable, cela signifie qu'ils pénètrent sur le marché de façon plus honnête et sur un pied d'égalité – autrement dit, les communautés montagnardes reçoivent la juste rémunération pour leur travail. De surcroît, les mécanismes de commerce équitable permettent aux producteurs de différencier leurs produits sur le marché plutôt que de les vendre de façon anonyme. Cette mise en jeu de la responsabilité des entreprises de montagne motive les producteurs qui maintiennent l'attention sur la qualité afin de se créer une réputation sur le marché. La certification de commerce équitable rend également les produits plus attrayants pour le consommateur et d'un point de vue éthique.
La recherche, la technologie et l'expertise modernes offrent également toute une gamme d'opportunités pour l'essor des produits de la montagne. Si les communautés de montagne possèdent déjà quantités de savoirs traditionnels, les connaissances modernes peuvent être exploitées pour améliorer la qualité du produit et la commercialisation, ainsi que l'efficacité, la rentabilité et la viabilité écologique de la transformation et de la production.
La valorisation des produits de la montagne améliorera incontestablement les conditions de vie des habitants et les environnements montagneux. Pour cela, les communautés devront collaborer entre elles et avec les parties compétentes des secteurs public, privé et non gouvernemental.
Le processus est engagé. Les communautés de montagne pauvres et défavorisées reçoivent déjà un soutien d'initiatives comme le Projet des produits de la montagne de la FAO financé par le Gouvernement français. Le projet a pour but d'aider les montagnards à étudier des moyens efficaces pour améliorer leurs conditions de vie grâce aux produits de la montagne. Les aboutissements du projet comptent à ce jour une base de données et des études de cas qui mettent en lumière les succès remportés par des communautés de montagne dans le monde entier pour vivre de leurs produits de la montagne.
Durant la première phase du Projet des produits de la montagne financé par le Gouvernement français (” Promouvoir et protéger les produits locaux pour la mise en valeur durable des régions de montagne ») – le projet a identifié de nombreux cas où les produits de la montagne ont fait une énorme différence pour les habitants de la montagne et leurs environnements dans le monde entier.
Une vaste gamme de produits de la montagne dans le monde a été analysée pour leur viabilité économique, socio-institutionnelle et environnementale. Le projet a examiné l'essor de la production, de l'utilisation et du commerce de chaque produit et l'impact positif qu'il a eu sur les revenus locaux, l'environnement et les vies de communautés de montagne pauvres. Il s'est aussi penché sur tous les stades de la production, de la transformation et de la commercialisation afin d'identifier des facteurs communs de réussite, ainsi que des moyens pour améliorer les stratégies et les techniques. Les résultats ont été recueillis au sein d'une base de données sur les produits de la montagne.
Le projet s'est ensuite concentré sur les produits les plus prometteurs analysés pour élaborer une étude de cas interrégionale et cinq études régionales qui mettaient en relief leur possible réplicabilité dans d'autres sites montagneux:
Fruit tree crops were introduced in the Mount Kenya area where income from traditional cash crops, such as coffee and tea, was declining. Harvests from these trees are now regularly processed for sale, and they also provide a valuable source of nutrients for local people. Lire lerésumé.
Les cultures d'arbres fruitiers ont été introduites dans la zone du Mont Kenya où l'on constatait un fléchissement des cultures de rente traditionnelles, comme le café et le thé. Les récoltes de ces arbres se font désormais régulièrement pour être transformées pour la vente et fournissent une source précieuse d'éléments nutritifs aux populations locales. Lire le résumé.
Le Gouvernement chinois a pris des mesures visant à promouvoir les cultures d'argousier, pour les avantages économiques et environnementaux que cette plante présente. Ses baies et feuilles extrêmement nutritives peuvent être transformées en divers aliments, boissons, médicaments et cosmétiques. Par ailleurs, la plante est adaptée aux terrains accidentés, aidant à combattre l'érosion et à fournir des nutriments au sol. Lire le résumé.
Le succès actuel de la commercialisation du fromage Tome des Bauges est dû en grande partie à l'effort collectif des groupes s'occupant de la production et de la transformation de cette spécialité des Alpes françaises. Ils ont formé un syndicat qui a obtenu une reconnaissance officielle de la qualité de ce produit de la montagne. Lire le résumé.
Grâce aux techniques modernes et aux connaissances traditionnelles des Andes, les entreprises locales d' arracacha sont devenues plus compétitives, et les communautés locales ont été encouragées à étudier de nouvelles utilisations pour cette racine nutritive. Les communautés péruviennes ont appris comment améliorer les techniques de transformation et de commercialisation du rallado, une confiserie tirée de l' arracacha appréciée au temps des Incas. Lire le résumé.
Grâce à une action parfaitement organisée à la base, les communautés locales ont créé la Forêt communautaire Harrop-Procter s'étendant sur 11 000 hectares et sur des terrains montagneux appartenant au gouvernement canadien. Dans le cadre du projet, une coopérative veille à la bonne gestion des forêts locales suivant des principes basés sur le respect de l'écosystème. Elle administre également deux sociétés: une qui produit du bois d'oeuvre et des produits ligneux, l'autre des herbes et des thés de culture biologique. Lire le résumé.
La société Dean's Beans®, implantée aux Etats-Unis, a bâti un empire du café tout en encourageant les améliorations économiques, sociales et environnementales au sein des communautés productrices dans 11 pays du monde entier. La société n'importe que des cafés biologiques certifiés du commerce équitable. Dean's Beans® aide également ses fournisseurs à mettre au point des projets en faveur de leurs propres communautés. Lire le résumé.
Les agriculteurs de la région du Mont Kenya – pour la plupart des femmes- ont pu obtenir des revenus plus stables et une source additionnelle de nutrition en plantant et cultivant des arbres fruitiers. Après avoir connu des décennies durant l'instabilité des prix du marché et la baisse des profits des cultures de rente traditionnelles (café et thé), ces agriculteurs se sont mis à la recherche d'autres sources de revenu. Au milieu des années 90, ils ont fait d'immenses progrès grâce à l'aide de divers organismes gouvernementaux ainsi que d'organisations non gouvernementales et internationales.
Certaines Organisations sont intervenues pour aider les agriculteurs à développer le secteur des arbres fruitiers qui ont été formés aux cultures arboricoles, en particulier le manguier, la papaye, le fruit de la passion, la banane et les agrumes, cela pour transmettre leurs connaissances à leurs collègues. Ils ont également formé des groupes d'agricultrices à la transformation des fruits en utilisant des séchoirs solaires et en produisant des confitures et des chutneys. Les produits transformés sont vendus à de meilleurs prix sur le marché et aussi mieux conservés de sorte qu'ils peuvent être mis en vente et consommés plus longtemps durant la saison sèche prolongée, en l'absence de légumes frais et de vitamines. Des groupes de femmes ont cherché à obtenir des micro-financements pour acheter des séchoirs solaires et étendre la transformation à d'autres produits.
Les projets des Organisations se sont achevés entre 2000 et 2004, mais les agriculteurs poursuivent leurs activités. Les groupes de femmes, en particulier, tirent des revenus constants de leurs ventes, même si cela fait des années qu'elles ne reçoivent plus une aide financière. Elles distribuent une partie des bénéfices entre les membres du groupe et mettent en commun le reste de ces bénéfices pour pourvoir aux besoins de la communauté, comme l'achat de matériaux de construction et du matériel de collecte de l'eau.
Si les agriculteurs du Mont Kenya ont vu une amélioration marquée de leurs moyens d'existence, ils ont désormais besoin de compétences techniques pour les aider à répondre aux nouveaux enjeux. En particulier, ils auraient besoin d'une aide en gestion des arbres, mise au point de matériel végétal de bonne qualité, réparation de matériel, promotion des marchés et organisation des associations d'agriculteurs.
Cliquer ici pour lire le rapport détaillé de l'étude de cas.
Le secteur de l'argousier en Chine a reçu un coup de fouet grâce à la nouvelle législation du Gouvernement visant à équilibrer le développement économique et la viabilité écologique. L'argousier a déjà eu des répercussions positives sur les moyens d'existence de nombreuses zones de montagne chinoises, freinant, voire renversant les flux de migration vers les plaines. Il y a désormais quelque 1,33 million d'hectares de plantations d'argousier sans compter les forêts naturelles, et plus de 200 usines de transformation de la plante dans le pays.
Pour de nombreux ménages ayant besoin de compléter ou de diversifier leurs revenus, il existe de maints avantages à la culture de l'argousier. La plante a une capacité d'adaptation remarquable: elle fleurit dans les zones de montagne arides, semi-arides et fragiles. Non seulement elle pousse en haute altitude sur des versants dégradés, mais elle offre aussi des avantages agricoles et environnementaux à long terme. Elle aide à restaurer la fertilité du sol, à accroître le couvert végétal, à prévenir l'érosion et à rétablir l'équilibre naturel en fournissant un habitat pour la flore et la faune sauvages.
La production d'argousier nécessite un investissement et un entretien minimes, et pourtant elle peut garantir de meilleurs revenus et une meilleure nutrition aux communautés pauvres de montagne. Les montagnards peuvent transformer les baies et feuilles très nutritives de la plante et les vendre pour qu'elles soient transformées en une vaste gamme de produits de santé et de cosmétiques ainsi que d'aliments et de boissons. Le fruit peut aussi constituer une source de nutriments essentiels, ce qui est particulièrement important pour les familles pauvres durant les mois d'hiver lorsque les autres sources de vitamines font défaut. Le marché futur de l'argousier est d'autant plus prometteur que les scientifiques du monde entier trouvent de nouvelles applications, y compris le traitement du cancer et des maladies cardiovasculaires.
L'argousier peut également profiter à d'autres pays dans le monde, en particulier les zones d'altitude. Mais il faut d'abord mieux faire connaître les propriétés importantes de cette plante et encourager les Gouvernements et Organisations à promouvoir le développement de l'industrie de l'argousier.
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Sur le marché, le fromage traditionnel Tome des Bauges n'est plus perçu comme un fromage quelconque, grâce à la coopération d'agriculteurs et de fromagers qui ont fondé le Syndicat interprofessionnel « ome des Bauges « Ceci leur a permis d'être désormais reconnus comme une entité crédible dans le développement économique local. Ils ont uni efforts et ressources et ont réussi à faire de leur fromage ‘Tome des Bauges' un produit unique et de qualité. D'où son succès sur le marché.
Le Syndicat Interprofessionnel du Tome des Bauges a engagé toute une série d'actions au niveau technique, juridique et commercial, visant non seulement à créer une image de marque, mais aussi à protéger la qualité et l'identité de ce fromage. Parmi les activités du syndicat, citons la modernisation des sites de production, l'obtention d'une protection juridique pour la marque “Tome des Bauges” qui a été enregistrée comme « appellation d'origine contrôlée « (AOC), et de meilleures ventes grâce à la publicité. Aussi, la recherche a été fondamentale pour garantir la qualité du produit. Elle a permis au syndicat d'identifier des normes pour le ‘Tome des Bauges' et de fournir à tous les producteurs un appui et des avis techniques précieux.
Divers autres facteurs ont aidé à atteindre les objectifs du syndicat. Par exemple, la création d'un parc naturel régional dans les Bauges a incité les producteurs locaux à définir leur stratégie de développement agricole. Et si ce sont les membres du syndicat qui ont en grande partie financé leurs propres activités, ils ont néanmoins reçu une aide financière considérable de l'Union européenne, qui reconnaît la fragilité écologique de la zone des Bauges. En outre, la production du Tome des Bauges jouit d'un financement régional depuis 1986, car les Chambres d'agriculture de Savoie et Haute-Savoie ont une politique de soutien des organisations collectives et de développement des produits de la montagne traditionnels.
Le succès du « ome des Bauges “a comporté également des avantages pour l'environnement. Le fromage doit être fabriqué avec le lait des races de vaches locales nourries au pré avec une alimentation naturelle. Les agriculteurs continuent ainsi à utiliser les races locales au lieu d'être contraints, pour être compétitifs, de recourir à des systèmes d'élevage intensifs portant atteinte à l'environnement.
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Un projet dirigé par le Centre international de la pomme de terre (CIP) a fourni des compétences fondamentales aux communautés rurales andines du Pérou, de l'Équateur et de la Bolivie, leur permettant de relever la compétitivité régionale de leurs entreprises d'arracacha. Le projet, d'une durée de trois ans, a aidé les populations locales à rentabiliser les divers stades de la production et à rehausser la qualité et la demande du produit. Les hausses de production et de prix sur le marché ont permis de créer de nouveaux emplois et d'améliorer les salaires. En outre, l'assistance technique au projet a montré aux agriculteurs comment utiliser plus efficacement la terre et conserver la diversité génétique de la racine. Grâce à ces mesures – par exemple, en entretenant des banques de gènes in situ – de petites entreprises de transformation de l' arracacha ont amélioré leurs perspectives durables d'avenir.
Dans le district Sócota, au Pérou, le projet a aidé les familles rurales en améliorant à la fois leurs moyens d'existence et leur moral. Le projet a aidé les agriculteurs à cultiver l' arracacha sur de petites parcelles de terre et avec de petites entreprises familiales s'occupant de transformer l' arracacha en une confiserie, le rallado. Le projet a formé les cultivateurs d' arracacha aux innovations en matière de plantation et de propagation, comme l'utilisation de méthodes améliorées de coupe des racines pour réduire les pertes après récolte qui seraient normalement de l'ordre de 40-50 pour cent. En travaillant avec les transformateurs du rallado, l'équipe du projet a étudié les méthodes de production traditionnelles et identifié des moyens de les améliorer à l'aide des technologies modernes. Citons en exemple l'introduction de fours en métal plus efficaces, de cuves de mélange hygiéniques et de doubles plateaux de refroidissement, plus rapides. Le projet a en outre aidé les entreprises de rallado dans le développement de marchés, de compétences et de leur organisation.
Le projet s'est également efforcé de promouvoir de nouveaux modes de préparation de l' arracacha en travaillant avec des chefs cuisiniers et en étudiant des recettes au cours de foires de l'alimentation. Il a dispensé aux femmes locales, aux enseignants et aux restaurants une formation sur la préparation et la présentation de ces produits, ce qui a accru la consommation d' arracacha. Le projet a inspiré la création d'autres initiatives avec les produits dérivés de l' arracacha, comme l'ouverture d'une boulangerie locale et d'un restaurant à Sucse (Sócota).
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Après 23 ans de forte détermination et d'action communautaire organisée, les habitants de la région ont officiellement établi la Forêt communautaire Harrop-Procter sur 11 000 hectares de terrains montagneux appartenant à l'Etat en Colombie-Britannique (Canada). Ce projet pilote quinquennal a été planifié et est désormais géré par la collectivité dans le but de conserver l'équilibre écologique et de fournir des revenus.
Le projet pilote est né grâce aux efforts sans relâche d'une part importante de la communauté soucieuse de l'environnement, qui craignait de voir l'imminente coupe claire de leur forêt causer de graves dommages à la faune et à la flore ainsi qu'à la valeur esthétique de la zone, sans parler des contaminations des bassins versants dont la collectivité entière dépend. Personne ne pouvant contester l'importance de l'alimentation en eau fraîche, le groupe a formé l'Association de protection du bassin versant Harrop-Procter ralliant le soutien de la majorité des résidents, recueillant des fonds et faisant continuellement pression sur le Ministère provincial des forêts. En 1999, ils ont obtenu le droit de prendre le contrôle des forêts et des bassins hydrographiques de la zone dans le cadre d'un accord pilote. La Coopérative communautaire Harrop-Procter a été constituée pour se concentrer sur les opérations forestières et le développement économique créé par la forêt.
La Coopérative communautaire Harrop-Procter gère désormais deux activités dans la forêt communautaire. D'une part, « Sunshine Bay Botanicals « est une société d'herbes biologiques et de produits forestiers non ligneux certifiés qui produit thés, herbes séchées et teintures. D'autre part, « Harrop-Procter Forest Products », est une société qui produit du bois d'oeuvre, des sciages et des produits à valeur ajoutée, tels que planchers, ponts, revêtements et meubles. La coopérative envisage également de créer une société d'écotourisme. L'équilibre écologique est un objectif fondamental de toutes les entreprises et, jusqu'à présent, la coopérative l'a poursuivi avec succès.
La coopérative devra démontrer que les entreprises forestières sont tout autant rentables et viables afin que le projet pilote puisse être étendu au-delà des cinq ans. Ce projet a été accompli grâce à un nouveau programme du Ministère des Forêts reposant sur des régimes fonciers basés sur les superficies et visant à transférer la gestion d'une parcelle à la communauté, qui acquiert ainsi un plus grand sentiment d'appropriation sur la forêt et la volonté d'investir du temps et de l'argent dans le développement économique durable. Dans le cas de la forêt communautaire Harrop-Procter, toutefois, la durée de jouissance est limitée aux cinq années du projet pilote. Il est difficile dans ces conditions d'attirer des financements à des taux raisonnables, des partenaires d'affaires et de planifier des infrastructures. Malgré tout, durant ses trois premières années d'activité, la forêt communautaire Harrop-Procter aurait créé un million de dollars canadiens (soit 761 209 $ E.U) de salaires locaux.
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Dean's Beans® a contribué aux progrès économiques, sociaux et environnementaux accomplis au sein des communautés productrices de café de montagne, tout en créant un secteur commercial international très rentable (Dean's Beans® a un chiffre d'affaires annuel de plus de 1,3 million de dollars).
Comment est-ce possible? L'entreprise commence par importer, torréfier et vendre uniquement du café cultivé en montagne qui peut recevoir la certification biologique et de commerce équitable. Ceci garantit que les producteurs emploient des méthodes écologiquement responsables et sont payés un juste prix pour leur labeur en dépit de la chute des prix du café. Même si Dean's Beans® doit payer un prix plus élevé à ses fournisseurs, de nombreux consommateurs sont disposés à payer davantage pour un café certifié à 100 pour cent de commerce équitable, 100 pour cent biologique, et cultivé en montagne. Ils le préfèrent aussi pour sa qualité généralement supérieure et l'absence de pesticides; et ils peuvent avoir bonne conscience en sachant qu'ils aident les petits agriculteurs et respectent l'environnement. Dean's Beans® offre maintenant le plus vaste choix de café biologique de commerce équitable de tous les Etats-Unis.
Mais Dean's Beans® ne se limite pas à acheter et vendre des grains de café. S'alimentant auprès de coopératives de cultivateurs dans 11 pays, la société entretient des liens personnels directs avec chacune des coopératives et aide à promouvoir le développement de leurs affaires et de leurs communautés. Après avoir consulté les membres de la coopérative, Dean's Beans® a soutenu des projets d'amélioration des infrastructures de production et de transformation, d'accès au crédit, d'alimentation en eau potable, d'éducation, de dispensaires, de manifestations culturelles, de conservation de l'environnement, et surtout, de réduction des conflits. Les cultivateurs ont constaté des effets positifs, notamment l'accroissement des revenus des ménages, la réduction de l'exode rural, une meilleure santé pour la communauté, un avenir moins sombre pour leurs enfants, l'espoir, la dignité et enfin l'orgueil dérivant du travail. Dean's Beans® achète son café aux coopératives de producteurs des pays suivants : Brésil, Colombie, Costa Rica, Timor-oriental, Ethiopie, Guatemala, Mexique, Nicaragua, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Pérou et Sumatra.
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Le café est la deuxième denrée échangée (légalement) au monde, après le pétrole. Comme le cacao et les bananes, le café est une plante d'exportation tropicale produite presque exclusivement dans le monde en développement, et quelque 25 millions d'agriculteurs en dépendent pour vivre. Le café Arabica, qui représente environ 70% des échanges mondiaux de café, est cultivé exclusivement dans les montagnes et hautes terres tropicales du globe. Le café a besoin de grandes quantités d'eau, d'une atmosphère en permanence humide et de températures élevées. C'est pourquoi on le trouve dans les régions chaudes et humides d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine et des Caraïbes. En Afrique, le café est cultivé principalement dans les zones boisées. Les petits exploitants cultivent quelque 75 pour cent des superficies totales de café du monde. En Afrique, cela représente plus de 90 pour cent. Les petits agriculteurs vivent souvent dans les zones de montagne reculées.
Le commerce équitable aide à garantir une juste rémunération aux producteurs pour les biens et services qu'ils offrent et veille à ce que l'environnement subvienne aux besoins de la production future. Il garantit en outre que:
Les explications à ce phénomène de baisse soutenue des prix du café ne manquent pas. Citons notamment:
Les montagnes regorgent de biodiversité, et pourtant, la grande majorité de leurs habitants vivent dans la pauvreté. En effet, selon une récente étude de la FAO sur la vulnérabilité en montagne, 245 millions de montagnards ruraux des pays en développement et en transition sont soit à risque, soit déjà victimes de faim et d'insécurité alimentaire. Éloignés des centres de commerce et de pouvoir, les montagnards n'ont guère d'influence sur les politiques et les décisions dont dépendent leurs vies et qui contribuent à la détérioration de leurs terres. Ainsi, de nombreux habitants de la montagne sont économiquement faibles. Ils pratiquent soit l'agriculture ou l'élevage de subsistance, soit le commerce ou le travail journalier, et sont totalement dépourvus d'autorité sur ceux qui exploitent leurs terres
Il existe d'immenses possibilités d'améliorer les moyens d'existence des habitants de la montagne en mettant à profit les avantages comparatifs des ressources de la montagne et en valorisant un vaste éventail de produits et services uniques qu'ont à offrir les régions et les communautés de montagne -des aliments et boissons aux médicaments, cosmétiques, textiles, à l'artisanat et au tourisme. Toutefois, dans le contexte actuel de libéralisation mondiale des échanges, les producteurs des régions montagneuses, confrontés aux coûts élevés des transports, au manque d'infrastructures, aux technologies inadéquates et aux difficultés d'accès aux marchés, doivent faire face à une concurrence croissante des systèmes et des zones de production bénéficiant de meilleures conditions. Pour pénétrer le marché, les producteurs de la montagne doivent donc se concentrer sur la qualité des produits et des services uniques que leurs régions ont à offrir.
Le Projet des produits de la montagne de la FAO a été lancé en septembre 2003 pour promouvoir et protéger les produits de qualité locaux comme stratégie de mise en valeur durable des régions de montagne. Les fonds octroyés au départ par le Gouvernement français couvraient les activités du projet de septembre 2003 à mars 2005. Durant cette période, une base de données a été élaborée avec des informations sur les produits de la montagne du monde entier, cinq études de cas régionales et une étude interrégionale, un rapport analysant les principaux facteurs communs de réussite a été rédigé et une analyse préliminaire des sous-secteurs sélectionnés (y compris l'identification des contraintes et des opportunités tout au long de la filière), a été menée dans les régions du Sud de la Méditerranée, des Andes e de l'Hindu Kuch Himalaya.
L'objectif de la phase successive du Projet des produits de la montagne (mai 2005 – avril 2007) consiste à renforcer les capacités institutionnelles au niveau régional pour promouvoir les produits de montagne de qualité et soutenir le développement durable des petites entreprises dans les sous-secteurs concernés. Les efforts seront axés sur le renforcement des capacités des organisations régionales dans le but de répondre aux besoins des petites entreprises s'occupant de production et de commercialisation de produits de montagne de qualité.
Ceci se fera par la conception et la mise en oeuvre d'interventions visant à appuyer les sous-secteurs stratégiques dans les pays pilotes. Les enseignements tirés de cette expérience permettront de mettre au point des “kits de ressources” régionaux (constitués de modules de matériels de formation et d'assistance technique) qui serviront aux organisations régionales à long terme pour aider les petites entreprises s'occupant de produits de la montagne de qualité.
La prochaine phase du Projet sera coordonnée par la FAO, en étroite collaboration avec les organisations régionales chargées de la mise en oeuvre du projet dans les différentes régions (Andes, Sud de la Méditerranée, Hindu Kuch Himalaya, Afrique de l'Est).
Les organisations régionales joueront un rôle prépondérant dans les tâches suivantes:
Les bénéficiaires du projet seront les entreprises des sous-secteurs retenus qui recevront une formation et une assistance technique, ainsi que les organisations locales qui seront formées à mieux répondre aux besoins des différentes entreprises.
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Dean's Beans® mène un projet pilote pour aider les cultivateurs de café kényans à augmenter et à stabiliser leurs revenus grâce au commerce équitable et à la certification biologique. Opérant dans le cadre du Partenariat de la montagne, le projet emploie le type de collaboration intersectorielle encouragé au Sommet mondial sur le développement durable à Johannesburg (2002), qui s'est trouvé être aussi le lieu choisi pour le lancement de cette alliance novatrice.
Dean's Beans® – société privée d'importation et de torréfaction de café - a joué un rôle déterminant dans la planification et la promotion du projet au Kenya, en obtenant la participation d'un vaste éventail d'acteurs, nécessaire à la réussite du projet.
Dans les conditions habituelles d'échange et de production, les cultivateurs de café kényans se heurtent à une multitude de problèmes. Les prix du café ont chuté à tel point que la plupart des cultivateurs ont du mal à couvrir les frais de production. En outre, un grand pourcentage des recettes déjà maigres des agriculteurs est court-circuité par les intermédiaires – transformateurs, courtiers, exportateurs et prêteurs locaux. Comme c'est le cas pour la plupart des agriculteurs d'Afrique de l'Est, les cultivateurs de café kényans doivent vendre leurs graines en passant par des enchères contrôlées par l'Etat. Ce système a aidé à harmoniser et à organiser le secteur, mais il empêche également les cultivateurs d'améliorer leurs revenus. En plus des difficultés économiques, les méthodes de culture du café peuvent être toxiques ou nuire à l'environnement à long terme. Exemple: avec le coton, le café est la culture qui fait l'usage le plus répandu de dangereux pesticides.
En permettant aux petits cultivateurs de café kényans d'obtenir la certification biologique et de commerce équitable, le projet pilote les aidera à répondre à une bonne partie de leurs problèmes actuels. La certification signifie que les cultivateurs travaillent dans des conditions sûres, utilisent des méthodes écologiquement viables, et concluent des accords commerciaux équitables. Par exemple, les ménages et les communautés agricoles supportent un risque financier moindre car le commerce équitable leur garantit une avance de 60 pour cent sur les coûts de production. La certification offre également de nombreux avantages de commercialisation.
Le café biologique de commerce équitable est un produit de niche de plus en plus recherché, au prix beaucoup plus élevé et plus stable sur le marché. Le café, produit par les cultivateurs adhérant au projet, présente en outre la caractéristique d'être le seul café biologique de commerce équitable à être exporté du Kenya.
Avec le concours du Ministère des coopératives et de la commercialisation, de « Kenya Fair Traders “et de « Cooperative Coffees », Dean's Beans® a organisé et proposé un modèle de projet conçu pour son efficacité “sur le terrain”. Celle-ci dépendra de la participation et de la collaboration des multiples groupes concernés – dont le Gouvernement, les coopératives de producteurs, les sociétés de certification, les organisations de financement et de développement, les organismes techniques et autres. Le projet prévoit de:
A ce stade, Dean's Beans® est sur le point d'acheter le premier conteneur de café biologique, certifié de commerce équitable de « Cooperative Coffees « et de la Coopérative des agriculteurs d'Embu, qui ont été retenus pour participer au projet pilote. Le processus de certification officielle est en cours, et le conteneur a été financé.
Des représentants du secteur du café ont manifesté un grand intérêt pour le projet et prévoient une grande offre de café biologique du commerce équitable en provenance du Kenya.
Le projet pilote s'inspire des succès existants de commerce équitable, comme le projet que Dean's Beans® a aidé à négocier en Ethiopie. La société achète les grains de café de l'Union des coopératives de café d'Oromia, constituée de 34 membres. Dean's Beans® a travaillé avec Oromia pour introduire le premier café biologique de commerce équitable d'Ethiopie aux Etats-Unis. Oromia est une des coopératives de café qui ont été exonérées du système d'enchères. Ceci leur permet de vendre leur produit directement, avec une identification claire de son origine. Ils peuvent vendre à un meilleur prix sur le marché des produits de base, et vendre sur le marché du commerce équitable à près du triple du prix du produit de base. En outre, ces agriculteurs ont bénéficié de la certification biologique officielle pour améliorer leur environnement, de la différenciation de leurs produits et d'un prix supérieur sur le marché.
Les succès d'Oromia en Ethiopie aident à mieux définir le projet sur les hauts plateaux du Kenya, et ce dernier a pour objectif de servir de modèle à d'autres initiatives écologiquement viables de commerce équitable.
Des initiatives de ce type font partie des efforts du Partenariat de la montagne pour améliorer les vies et les moyens d'existence des habitants de la montagne tout en préservant les environnements dont ils dépendent. Un des rôles fondamentaux du Partenariat de la montagne est de faciliter les réseaux entre les membres afin de trouver de nouveaux débouchés pour atteindre ces buts.
La variabilité croissante du marché mondial du café a mis en péril les moyens d'existence de milliers de petits cultivateurs kényans. La production de café a fourni des revenus fiables à de nombreuses communautés de montagne au Kenya jusqu'au début des années 90, lorsque les cours mondiaux ont entamé leur dégringolade, même si les prix au détail restaient stables.
On estime que la production de café fait vivre actuellement plus de 500 000 cultivateurs kényans, dont 70 pour cent de petits exploitants cultivant de 1 à 5 acres de terres sur les riches sols volcaniques des hauts plateaux. Depuis la chute des cours du café, les producteurs ont du mal à diversifier ou à se créer d'autres sources de revenu.