Partenariat de la montagne

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Saisir l'opportunité

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Les montagnes sont parfaitement adaptées à l'agriculture de subsistance. Lorsqu'il s'agit de produire des cultures commerciales à haut rendement, elles ne peuvent rivaliser avec les plaines fertiles. Toutefois, les exemples abondent de communautés montagnardes qui ont déniché des créneaux très spécifiques de création de revenus et de réduction de la pauvreté et de la faim.

Le Prince des Gruyère

Avant 1950, la Vallée de Beaufort en France risquait un grave dépeuplement à cause de la pénurie d'emplois qui provoqua l'exode de jeunes en quête de travail vers les villes des plaines. Pour inverser cette tendance, les autochtones ont identifié un certain nombre de créneaux Ð dont la création d'un secteur fromager et laitier haut de gamme. A l'aide de royalties provenant d'un barrage voisin, ils ont créé la marque de fromage le ÔPrince des Gruyère'. Conjuguant les savoirs traditionnels de production laitière avec les nouvelles technologies et d'ingénieuses stratégies de marketing fondées sur le slogan "la tradition dans la modernité", la production a quintuplé et les consommateurs paient désormais 25 pour cent de plus pour le lait de Beaufort.

Des taxonomistes de village au Cameroun

Les montagnes sont des dédales de microclimats regorgeant de trésors végétaux de grande valeur pour l'humanité. De nombreuses communautés locales ont partagé leurs connaissances traditionnelles sur les plantes rares avec des étrangers, pour découvrir avec horreur que ces étrangers ont breveté les formes de vie pour leur gain personnel. Ces plantes peuvent procurer des profits considérables s'ils sont utilisés dans l'industrie pharmaceutique, le secteur des parfums et autres.

Au Cameroun, les villageois locaux sont formés à la 'parataxinomie' pour collecter et caractériser les ressources phytogénétiques. Les échantillons demeurent la propriété d'une organisation non gouvernementale - Bioresources Development and Conservation Program – qui travaille avec l'Overseas Development Administration (Royaume-Uni) et le Jardin botanique Limbe. Les végétaux sont analysés dans les universités camerounaises, puis envoyées aux universités des Etats-Unis pour un examen minutieux. Si les partenaires de recherche découvrent des utilisations précieuses pour les plantes, les Camerounais autoriseront l'utilisation des plantes pour le développement. Les bénéfices sont partagés entre les partenaires, y compris les communautés de parataxonomistes.

Barrages pour le développement

Les barrages hydroélectriques colossaux ont été synonymes de développement national durant des décennies. Malheureusement, ils peuvent causer des dégâts environnementaux et sociaux. On estime que 4 millions de personnes chaque année déménagent pour laisser la place aux barrages. Nombre de ceux qui sont forcés à quitter leurs terres sont des habitants de la montagne qui ont longtemps protesté contre ce qu'ils jugent des niveaux insuffisants de dédommagement pour les barrages qui leur ont coûté leurs moyens d'existence traditionnels.

En 1957, le 'Warm Springs Indian Reservation Trust' dans l'Oregon (Etats-Unis), a négocié avec succès 4 millions de dollars pour les indemniser des effets d'un barrage sur le fleuve Columbia construit sur des terres qui leur avaient donné à manger pendant 11 000 ans. Les Indiens d'Amérique ont utilisé ces fonds pour construire une industrie stable de produits forestiers, une centrale hydroélectrique et créer plus d'emplois qu'il n'y a de personnes pour les pourvoir. La réserve est pleine de jeunes et un centre culturel commémore les vies passées et présentes de leur peuple.

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